Manifestations scientifiques du projet

Colloque international :

“Journaux personnels en temps de guerres mondiales”

24-26 septembre 2025

IMEC – Université de Caen/MRSH

en partenariat avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, la Fondation Auschwitz, UCLouvain, ERLIS, HisTeMé, Eur’ORBEM.

Affiche et programme :

Journaux personnels en temps de guerres mondiales

 

 

Séminaire de recherche à l’EHESS :

“La catastrophe en ‘je’ : violences de masse et pratiques diaristes”

Lancé en 2023-2024, le séminaire d’histoire de l’EHESS intitulé « La catastrophe en “je”. Violences de masse et pratiques diaristes au XXe siècle » a été pensé dans le cadre du projet « Holocaust Diaries ».

Après avoir été longtemps sous-estimée, principalement en raison de leur subjectivité qui rendrait douteuse leur fiabilité, la valeur des journaux personnels n’est plus à démontrer. Ils constituent une source unique, livrant un récit de soi produit sur le vif, au cœur des événements, alors que l’auteur(e) ne sait rien de l’issue de ceux-ci et que sa propre survie est encore incertaine. Pour autant, ils continuent d’être sous-exploités et peu interrogés.

Afin de mieux saisir la spécificité des journaux personnels de la Shoah et, au contraire, leurs similitudes avec des écrits produits dans d’autres contextes de catastrophe, nous avons initié un séminaire de recherche conçu comme un espace de réflexion sur les formes du recours à la pratique diariste en situation de grande violence au XXe siècle (guerres, génocides, terreur de masse, massacres). D’une part, nous nous intéressons à la valeur documentaire de ces sources, à ce qu’elles nous enseignent sur l’individu face à la catastrophe en cours et à leur apport à l’historiographie. Qu’est-ce que la tenue d’un journal personnel nous apprend de l’expérience de la violence collective (du déplacement forcé, du camp, du ghetto, de la vie traquée, cachée, de la clandestinité, du massacre…) ? D’autre part, nous étudions les journaux personnels en tant qu’objets de recherche à part entière, et non uniquement pour les informations historiques qu’ils recèlent. De fait, ces témoignages ne sont pas seulement, comme le soulignaient les auteurs de Histoire, littérature et témoignage. Écrire les malheurs du temps, des « dépositaires, et donc les témoins passifs, de la réalité qu’ils décriv[ent], mais [aussi] des lieux où cette réalité s’est construite activement »[1]. Il s’agit donc de les replacer dans leur historicité en interrogeant les multiples aspects que revêt la pratique diariste en tant que telle : genèse, contexte scriptural, fonctions et enjeux, destinée. Dans les circonstances historiques étudiées, il s’agit d’une expérience d’écriture particulièrement contraignante. Le manque de moyens matériels, les difficultés physiques et psychologiques, influent toujours sur la forme de l’objet-journal aussi bien que sur le contenu.

1] Christian JOUHAUD, Dinah RIBARD, Nicolas SCHAPIRA, Histoire, littérature et témoignage. Écrire les malheurs du temps, Paris, Gallimard, 2009, p. 20.

Séminaire de recherche à l’EHESS 2024-2025

Séminaire de recherche à l’EHESS 2023-2024